Liberté d’expression et liberté de mépris pour les nuls

Choisissons une cible à stigmatiser, les femmes (comme ça on divise le monde en 50/50), et pour faire simple et compléter le tableau à souhait, puisque je suis un mec, convenons de les appeler de la façon (répugnante) suivante : gonzesses.

« Gonzesse », est un mot de la langue française qui semble désigner une personne de sexe féminin sous un jour peu flatteur, mais je ne suis pas académicien. Vivant dans un pays ou s’exerce la liberté d’expression, j’ai bien le droit d’utiliser ce mot comme bon me semble.

Si je le dis entre mec, ça va passer parfaitement inaperçu (sic).

Si je le dis à ma compagne, ça ne va pas lui faire plaisir, c’est tout.

Si je le dis à haute voix dans une soirée avec 10 femmes et moi comme seul gars, c’est une autre histoire. En fonction de l’ambiance, ça va tourner à la dérision et on va bien rigoler ou je vais aller voir ailleurs avec un petit goût de « t’aurait mieux fait de la fermer ».

Si je prends un haut-parleur pour hurler « Bande de gonzesses-s-s » lors d’une manifestation du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), même si rien n’excuse la violence, je l’aurai quand même bien cherché si j’en prends une.

Ça dépend du contexte en quelque sorte. Ceux qui me connaissent, savent que je ne parle pas de cette façon, et que s’il m’arrivait de dire « gonzesse », ce serait sans aucune méchanceté. Certains autres bloqueront à la première occurrence du mot.

Maintenant, remplacez les femmes par une minorité ou groupe de gens qui vit une époque troublée, le haut-parleur par nos #!?$! de médias ou internet et si vous ne voyez toujours pas le lien entre la liberté d’expression et le mépris, l’avenir sera un peu plus sombre qu’au début du texte…

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